GR STEVENSON

 

 
Le GR passe ici...
 
Et puis là....
 
Ici aussi...
 
STEVENSON
Stevenson, lors de son périple en âne à travers les Cévennes, a eu ces mots, pour décrire le site :
« Dans la vallée du Tarn

Une route neuve conduit de Pont-De-Monvert à Florac, par la vallée du Tarn. Son assise de sable doux se développe environ à mi-chemin entre le faîte des monts et la rivière au fond de la vallée. Et j’entrais pour en sortir, alternativement, sous des golfes d’ombre et des promontoires ensoleillés par l’après-midi.
C’était une passe analogue à celle de Killiecrankie, un ravin profond en entonnoir dans les montagnes, avec le Tarn menant un grondement merveilleusement sauvage, là-bas, en dessous, et des hauteurs escarpées dans la lumière du soleil, là-haut, au dessus.
Une étroite bordure de frênes cerclait la cime des monts comme du lierre sur des ruines.
Sur les versants inférieurs et au-delà de chaque gorge, des châtaignés, par groupes de quatre, montaient jusqu’au ciel sous leur feuillage épandu. Certains étaient implantés chacun sur une terrasse individuelle pas plus large qu’un lit ; d’autres, confiants en leurs racines, trouvaient moyen de croître, de se développer, de rester debout et touffus sur les pentes ardues de la vallée. D’autres, sur les bords de la rivière, restaient rangés en bataille et puissants comme les cèdres du Liban.
Pourtant, là même où ils croissaient en masse serrée, ils ne faisaient point penser à un bois, mais à une troupe d’athlètes. Et le dôme de chacun de ses arbres s’étalait, isolé et vaste d’entre les dômes de ses compagnons, comme s’il avait été lui-même une petite éminence. Ils dégageaient un parfum d’une douceur légère qui errait dans l’air de l’après-midi. L’automne avait posé ses teintes d’or et de flétrissures sur leur verdure et le soleil, brillant au travers, atténuait leur rude feuillage, en sorte que, chaque épaisseur prenait du relief contre son voisin, non dans l’ombre, mais dans la lumière. Un humble dessinateur d’esquisses lâchait ici, désespéré, son crayon.
Je voudrais pouvoir donner une idée du développement de ces arbres majestueux, comme ils étalaient leur ramure ainsi que le chêne, traînaient leurs branchage jusqu’au sol ainsi que le saule ; comment ils dressaient des fûts de colonne, pareils aux piliers d’une église ou comment, ainsi que de l’olivier,du tronc le plus délabré, sortaient de jeunes et tendres pousses qui infusaient une vie nouvelle aux débis d’une vie ancienne. »